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Ordre de Saint-Lazare de Jérusalem Grand Prieuré de France
Chevaliers de Saint-Lazare contemplant Jérusalem, étendard à la croix verte déployé

Notre histoire

Neuf siècles au service des plus fragiles

L'histoire de Saint-Lazare ne commence pas par une bataille, mais par un hôpital. C'est cette origine — soigner d'abord — qui fait la singularité de notre Ordre parmi les grandes chevaleries chrétiennes.

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Naître dans la maladie

Aux portes de Jérusalem, hors les murs, la tradition situe dès le IVe siècle une léproserie tenue par des moines arméniens vivant sous la règle de saint Basile. Les historiens débattent de cette origine antique — la première mention documentaire assurée date de 1142 — mais le cœur du récit est établi : lorsque les croisés entrent à Jérusalem en 1099, ils trouvent un hôpital dédié à saint Lazare, où des frères se consacrent à ceux que tous fuient, les lépreux.

Ces malades, que le Moyen Âge appelait les « martyrs du Christ », deviennent le centre d'une communauté unique : les chevaliers atteints de la lèpre — venus parfois du Temple ou de l'Hôpital — y poursuivent leur vocation au lieu d'attendre la mort. Un frère sain se dévoue pour un frère lépreux. De l'hôpital au champ de bataille, l'Ordre acquiert ainsi sa double nature, hospitalière et militaire : à la Forbie en 1244, tous les chevaliers de Saint-Lazare présents tombent ; à la Mansourah en 1250, ils accompagnent Saint Louis ; en 1291, ils défendent leur porte de Saint-Jean-d'Acre jusqu'à la chute de la ville.

L'enracinement français

Dès 1154, Louis VII donne à l'Ordre la seigneurie de Boigny, près d'Orléans, qui deviendra son siège en Occident. En 1255, le pape Alexandre IV confirme son statut d'ordre religieux, militaire et hospitalier. En 1308, Philippe le Bel le prend sous sa « protection spéciale » : commence une longue fidélité entre Saint-Lazare et la France, qui traversera les siècles.

En 1608, Henri IV unit Saint-Lazare à l'Ordre de Notre-Dame du Mont-Carmel. Suivent des décennies fécondes : la « Marine de Saint-Lazare » arme des frégates à Saint-Malo contre la piraterie et fonde des écoles de marine ; sous Louvois, l'Ordre administre léproseries et hôpitaux du royaume ; la croix verte prend la mer, de l'Acadie de Champlain à l'Hermione de 1778.

Traverser les tempêtes

La Révolution supprime les ordres de chevalerie en 1791. L'Ordre connaît alors l'exil avec le comte de Provence, futur Louis XVIII, puis la perte de la protection royale en 1831. La flamme se maintient pourtant : en 1841, le patriarcat grec-melkite catholique d'Orient accepte d'en devenir protecteur spirituel — geste fondateur de notre vocation œcuménique. Au XXe siècle, l'Ordre se refonde « sans trahir » : Grande Chancellerie rétablie à Paris (1910), intégration officielle des Dames (1933), engagement discret de nombreux membres dans la Résistance, puis renaissance de l'hospitalité — servir le corps pour rejoindre l'âme.

En 2006, l'Ordre formalise ce qui l'anime depuis toujours : la règle, jadis monastique, est « devenue intérieure ». Elle se vit désormais à travers trois piliers — Tradition, Spiritualité, Hospitalité — au sein des commanderies.

Repères

La frise des siècles

  1. v. 370La tradition situe une léproserie de moines arméniens hors les murs de Jérusalem, sous la règle de saint Basile.
  2. 1099La première croisade trouve l'hôpital Saint-Lazare ; « un frère sain pour un frère lépreux ».
  3. 1142Première mention documentaire : Domus leprosorum Sancti Lazari.
  4. 1154Louis VII donne Boigny à l'Ordre — son siège en Occident pour six siècles.
  5. 1199L'Ordre adopte la règle de saint Augustin, aux usages de l'Occident.
  6. 1244Bataille de la Forbie : tous les chevaliers lazarites présents sont tués.
  7. 1255Bulle Cum a Nobis Petitur : Alexandre IV confirme l'ordre religieux, militaire et hospitalier.
  8. 1291Chute de Saint-Jean-d'Acre ; l'Ordre se replie définitivement en Occident.
  9. 1308Philippe le Bel prend l'Ordre sous sa protection spéciale.
  10. 1608Henri IV l'unit à l'Ordre de Notre-Dame du Mont-Carmel.
  11. 1666La Marine de Saint-Lazare : frégates et écoles de marine à Saint-Malo.
  12. 1791La Révolution supprime les ordres ; fidélité dans l'exil.
  13. 1841Le patriarcat d'Orient devient protecteur spirituel : naissance de la vocation œcuménique moderne.
  14. 1910Refondation : la Grande Chancellerie est rétablie à Paris.
  15. 1933Les Dames entrent officiellement dans l'Ordre.
  16. 1942Des membres s'engagent, discrètement, dans la Résistance.
  17. 2006« La règle devenue intérieure » : formalisation des trois piliers.
  18. 20267 500 chevaliers dans plus de 40 pays ; 15 commanderies en France.

Saint Lazare, notre patron

L'ami que le Christ a réveillé

Notre patron est Lazare de Béthanie, le frère de Marthe et de Marie, que Jésus a tiré du tombeau après quatre jours (Jean 11). Le Moyen Âge l'a confondu avec le pauvre Lazare de la parabole, couvert de plaies à la porte du riche (Luc 16) — et de cette confusion est née une dévotion féconde : saint Lazare devint le protecteur des lépreux, et l'hôpital de Jérusalem prit son nom.

Les deux figures disent, ensemble, notre vocation : celui qui est relevé d'entre les morts, et celui qui attend à la porte qu'on le regarde enfin. Chaque chevalier et chaque dame de Saint-Lazare entend l'appel adressé à l'un et le devoir dû à l'autre.

Écu du Grand Prieuré de France : croix verte sur champ d'argent, canton d'azur aux trois fleurs de lys d'or
L'écu du Grand Prieuré de France : la croix verte et les lys de France.

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